Portrait d’un Industriel Engagé pour la Transition Énergétique

Derrière chaque entreprise résiliente se cache souvent une histoire d’hommes et de convictions. Romain le Goaster de Fleurelle, actuel dirigeant de la société Bois et Bûche, n’est pas un chef d’entreprise ordinaire. Ancien financier devenu homme de terrain, il a su transformer une vision écologique en un projet industriel de premier plan en Bretagne. Lauréat du titre « Entrepreneur inspirant de l’année » (Crisalide Industrie 2021), son itinéraire, marqué par des crises mondiales et des élans de solidarité sans précédent, redéfinit ce que signifie être un « capitaine d’industrie » au XXIe siècle.
De la finance aux haies bocagères : La genèse d’une passion bretonne
Le parcours de Romain le Goaster de Fleurelle prend racine dans une triple culture :
- celle de la rigueur héritée de son passé de directeur financier,
- celle de l’industrie, ancrée dans ses gènes familiaux (sa famille ayant marqué l’industrie de la soie en région lyonnaise).
- Et celle de la passion de la forêt et de la nature, qui l’habite depuis l’enfance.
C’est en Bretagne qu’il choisit de bâtir son propre chemin. En créant initialement une entreprise de travaux agricoles, il se spécialise dans l’entretien des haies bocagères. Très vite, Romain se heurte à une aberration écologique : les petits bois et rémanents d’élagage sont délaissés par les grandes centrales biomasse. Trop riches en minéraux, ces résidus créent du mâchefer, un résidu solide qui encrasse et dégrade les installations industrielles.
Refusant ce gaspillage, il comprend que ce « bois de haie » exclusivement constitué de feuillus, est en réalité un combustible d’excellence pour le chauffage domestique (poêles et inserts), pour lesquels la problématique du mâchefer ne se pose pas. Il devient ainsi fournisseur d’un producteur de bûches densifiées, et donne à ce qui était considéré comme un déchet -très-encombrant – une deuxième vie vertueuse : servir de matière première pour devenir un combustible propre, local, et neutre en carbone ! C’est le début de son engagement pour une économie circulaire réelle : ne plus rien jeter, tout valoriser. Et faire d’une contrainte écologique bonne pour la biodiversité (replanter des haies bocagères partout en Bretagne), un atout économique : non seulement les haies peuvent aider à retenir l’eau, et abriter une faune diverse et abondante, mais elles peuvent aussi constituer une matière première pour une énergie renouvelable et locale performante … et très économique pour les utilisateurs !
La reprise de Bois et Bûche : L’exigence de l’excellence technique
Pour donner vie à ses ambitions, Romain reprend l’usine Bois et Bûche à Lizio en Bretagne . Son objectif est clair : produire une bûche densifiée dont la qualité surclasse les standards du marché.
Le huis clos du COVID : 10 jours qui ont tout changé
Six mois seulement après la reprise, le monde s’arrête. Le confinement lié au COVID-19 vide l’usine de ses forces vives. Plutôt que de suspendre l’activité, Romain le Goaster de Fleurelle prend une décision qui forgera sa légitimité technique : il n’a pas le choix, il faut produire . Il se retrouve donc dans son usine, sans ouvrier, seul face à ses machines ! Une mission : il faut que je fasse repartir cette usine.

Pendant 10 jours et 10 nuits, il vit au rythme des machines monumentales. Notices techniques sous le bras, en lien constant avec les hotlines des fabricants, il apprend à maîtriser chaque rouage, chaque capteur, chaque réglage de pression. De cette immersion forcée naît une expertise unique. Aujourd’hui, Romain ne dirige pas seulement l’entreprise ; il en connaît la moindre vis. Cette maîtrise permet d’obtenir une bûche d’une qualité exceptionnelle, extrêmement sèche (moins de 10% d’humidité, qui ne s’effrite pas, qui produit moins de 1% de son poids en cendre, qui ne laisse quasiment aucune suie), qui garantit un PCI de 5000, le Graal du chauffage bois. Le ventes suivent.

Face à la crise ukrainienne : Le combat d’un homme et d’une communauté
Fin 2023, alors que l’entreprise est en pleine croissance, une menace extérieure vient percuter ce bel élan : l’explosion des tarifs de l’énergie suite au conflit en Ukraine. Pour Bois et Bûche, la facture EDF est multipliée par dix, avec un effet rétroactif menaçant la survie immédiate de la structure. C’est Louis, le fils de Romain qui lui soufflera l’idée : « on ne peut pas rester comme ça : fais une video pour dire ce que tu as sur le coeur et on la publiera sur les réseaux. »
L’appel au secours d’un patron « au taquet »
Dans cette vidéo visionnée plus de 2,5 millions de fois, Romain s’adresse directement aux Français. Sans filtre, il expose la situation : une équipe mobilisée, des commandes pleines, un produit écologiquement vertueux… et une agonie programmée par des factures impayables. La sincérité du message déclenche une onde de choc médiatique et politique, portée jusqu’au ministère de l’Économie à Bercy.
La victoire du collectif et la célèbre « Galette-Saucisse »
La réaction du public est historique. Commandes massives et cagnottes solidaires permettent de sauver l’usine. Pour Romain, la réponse ne pouvait être que conviviale et bretonne. En invitant ses clients et soutiens à partager une galette-saucisse au sein même de l’usine, il a prouvé que Bois et Bûche était bien plus qu’une marque : c’est une communauté de valeurs.
2025 et au-delà : Une vision consolidée pour l’avenir
L’aventure ne s’arrête pas au sauvetage. La détermination de Romain le Goaster de Fleurelle a attiré l’attention de deux investisseurs de renom, dirigeants d’entreprises familiales, qui ont rejoint le capital mi-2025 via leur fonds d’investissement à impact.
Aujourd’hui, avec une équipe resserrée, des processus optimisés et une résilience à toute épreuve, Romain continue d’innover. Son mantra reste le même
« Trouver des solutions, ne jamais abandonner, faire confiance à l’avenir »
Romain le goaster de fleurelle
Bois et Bûche est désormais l’étendard d’une industrie qui refuse la fatalité et qui place l’humain et l’écologie au sommet de sa pyramide de valeurs.

